SLOTS


Christophe Cuzin (né en 1956), Véronique Joumard (née en 1964),
Hugues Reip (né en 1964), David Renaud (né en 1965),
Cédric Teissere (né en 1968), Emmanuelle Villard (née en 1970).



"Slots", un titre d'actualité, puisqu'il s'agit entre autres des "créneaux d'autorisation de décollage et d'atterissage" pour les avions...
Les réseaux s'achètent et se revendent, pour les transports aériens, les télécommunications, mais aussi les réseaux d'influence, les réseaux de pensée, les réseaux artistiques, qui ont besoin, pour s'affirmer, d'invitations hors de leur propre territoire.
C'est ce que la Kunsthalle Palazzo nous propose, en invitant ces six artistes à descendre en gare de Liestal.
Tout en maintenant pour chacune des oeuvres son autonomie, son identité, "Slots" est une forme collective. Un jeu, de société, aux règles, aux couleurs, aux matériaux, aux sujets variés, se met en place entre les pièces des différents artistes.
Les oeuvres proposées par ces artistes pour Slots, sont abstraites, organiques, haptiques, optiques, aux surfaces peintes, sèches et grasses. Elles abordent la métamorphose, la composition, la lumière, la couleur, l'abstraction, une certaine idée de la fiction. Elles permettent de "décoller" d'un univers pour basculer dans un autre, immatériel, imaginaire.

Cédric Teisseire, réalise pour Slots, deux propositions pour mur, l’un en façade du Palazzo, l’autre signalant le commen- cement de l’exposition,

 

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Les trois miroirs (2003) de Véronique Joumard (180x60cm) déportent avec génie notre attention vers l'espace. Mais au-delà de permettre des points de vues nets, différents et inédits sur l'exposition, ou sur le paysage au-dehors, ils nous proposent surtout une lecture floue de notre propre reflet. Un univers où l'image a disparu, un monde embué, où la mise au point ne peut se faire de face.

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Le dispositif "Sans titre" (2003) de David Renaud constitué de six plates- formes circulaires équipées de moteurs, est placé au sol. Sur chacun des "tableaux" circulaires sont représentées des sortes de molécules colorées. Ces motifs concentriques, sortes de roto-reliefs, de nymphéas, de machines-organismes, en redouble l'effet tournant. Naturellement, nous circulons, nous nous penchons pour regarder, happés physiquement et mentalement par cet univers imaginaire.
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Emmanuelle Villard
fabrique des objets visuels qu'elle installe, peut-être même qu’elle met en scène, non plus dans le cadre d'un mur vierge, mais au coeur d'un dispositif dessiné au mur. Elle envisage l'exposition de ses formes désormais sans motifs, pleines, gonflées, boursouflées ou bien vidées, pliées, dont elle a expulsé les châssis, en créant le support visuel qui leur tient lieu d'écrin. Plus loin, un petit tableau, à la fois génèse et signature du travail de l’artiste.

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Hugues Reip et Christophe Cuzin développent un rapport essentiel à l'espace.
Ils installent leur territoire en alliant invasion discrète, légèreté etefficacité. Aux questions liées à l'espace, ils formulent des réponses aucontexte, au lieu. Christophe Cuzin interroge les liens entre la peinture et le bâti, utilisant la couleur par unités monochromes, au rouleau, sans signe de facture. Pour "Slots", il réalise un environnement pictural Rouge comme rouge, pour le couloir de l'exposition. Hugues Reip, dessine l’espace, en tirant des traits de fil de fer. Environnement aérien, espace visuel ténu. Il s'agit de deux dispositifs déterminés par lescaractéristiques du lieu, in situ, au sens ou cette notion signale un lien organique explicite entre des éléments donnés et leur situation.


Claire Le Restif, Liestal le 9 mai 03

ouverture : du mardi a vendredi 14h-18h
samedi et dimanche 13h -17h

 

 

 

 



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